Référencement

Site internet lent : le mesurer et trouver ce qui le ralentit vraiment

Un site lent perd des visiteurs avant même qu'ils aient lu une ligne. Comment mesurer sa vitesse sans se tromper d'outil, lire les trois indicateurs de Google, et corriger les causes dans le bon ordre.

Client qui attend en regardant sa montre au comptoir d'une boutique

Un site internet est lent, dans neuf cas sur dix, pour l'une de ces quatre raisons : des images trop lourdes, un thème ou un constructeur de pages qui charge beaucoup plus que nécessaire, des scripts tiers (chat, réseaux sociaux, outils publicitaires) et un hébergement sous-dimensionné. On le mesure gratuitement avec PageSpeed Insights, en regardant la version mobile et trois indicateurs : LCP, INP et CLS. La bonne nouvelle, c'est que la première cause est aussi la plus simple à corriger.

Pourquoi la vitesse compte, et pourquoi il ne faut pas en faire une obsession

Une étude publiée par Google en 2016, citée depuis par tout le secteur, estimait que plus de la moitié des visites sur mobile étaient abandonnées quand une page mettait plus de trois secondes à s'afficher. Le chiffre exact a sûrement bougé depuis, l'idée non : un visiteur qui attend ne lit pas, il revient en arrière et clique sur le concurrent.

Côté référencement, la vitesse fait partie des signaux que Google utilise, à travers ses « Core Web Vitals ». Mais soyons honnêtes : c'est un signal de départage. Une page rapide et sans intérêt ne passera jamais devant une page plus lente qui répond mieux à la question. Viser 100 sur 100 dans les outils de mesure est une perte de temps. Sortir de la zone rouge, en revanche, est rentable.

Mesurer sans se tromper

Le bon outil

PageSpeed Insights, l'outil gratuit de Google, suffit pour un site vitrine. On colle l'adresse d'une page, et il rend deux types de résultats qu'il faut savoir distinguer.

En haut, les données de terrain, mesurées chez de vrais visiteurs utilisant Chrome au cours des 28 derniers jours. Ce sont celles que Google prend en compte. Un petit site n'en a souvent pas assez : l'outil l'indique, et ce n'est pas un défaut.

En dessous, le diagnostic, une simulation faite par Google sur un téléphone moyen avec une connexion mobile ralentie. Le score sur 100 vient de là. Il varie d'un test à l'autre de quelques points, et il est volontairement sévère.

Les bonnes pages

On ne teste pas que l'accueil. Prenez trois pages : l'accueil, votre page de service la plus importante, et une page avec beaucoup d'images (réalisations, galerie). Testez-les en mobile, qui est la version que Google regarde en premier. La page la plus lente des trois est celle qu'on corrige d'abord.

Les trois indicateurs

IndicateurCe qu'il mesureBonÀ corriger
LCPle temps d'affichage du plus gros élément visible, souvent l'image du haut2,5 s ou moinsau-delà de 4 s
INPle délai de réaction quand on touche un bouton ou un menu200 ms ou moinsau-delà de 500 ms
CLSles sauts de mise en page pendant le chargement0,1 ou moinsau-delà de 0,25

Sur un site vitrine, c'est presque toujours le LCP qui pose problème. L'outil indique quel élément il a mesuré : quand c'est la grande photo d'en-tête, vous savez déjà par où commencer.

Les causes, de la plus fréquente à la plus rare

Les images trop lourdes

Une photo prise avec un appareil récent pèse entre 3 et 8 mégaoctets. Affichée telle quelle sur un site, elle représente à elle seule plus que tout le reste de la page. Sur ce site, la même photo passe de 4,7 Mo à 485 Ko après redimensionnement à 1 600 pixels de large et conversion au format WebP, sans différence visible à l'écran.

Les réglages qui font presque tout le gain :

  • réduire la taille à ce dont l'affichage a besoin : rarement plus de 1 600 à 2 000 pixels de large pour une image pleine largeur ;
  • convertir en WebP (ou en AVIF), deux formats bien plus légers que le JPEG, lus par tous les navigateurs actuels ;
  • charger en différé les images situées plus bas dans la page, pour que le navigateur s'occupe d'abord de ce que le visiteur voit.

Attention à l'inverse : l'image du haut de page ne doit pas être chargée en différé. C'est elle que mesure le LCP.

Appareil photo et carte mémoire posés sur un bureau avant la préparation des images d'un site
Une photo sortie de l'appareil pèse souvent plusieurs mégaoctets : c'est la première cause de lenteur d'un site.

Le thème et le constructeur de pages

Les thèmes WordPress vendus « tout-en-un » et les constructeurs de pages par glisser-déposer chargent sur chaque page le code de toutes leurs fonctions, y compris celles que vous n'utilisez pas : carrousels, animations, icônes par centaines, plusieurs polices de caractères. Le visiteur télécharge un catalogue pour lire trois paragraphes.

Il y a des réglages pour limiter les dégâts (désactiver les modules inutiles, réduire le nombre de polices). Mais au-delà d'un certain point, la lenteur fait partie du thème lui-même, et la seule correction durable est d'en changer. C'est l'un des critères détaillés dans refonte ou repartir de zéro.

Les scripts tiers

Chaque outil qu'on ajoute en copiant un bout de code charge des fichiers depuis un autre serveur, que vous ne maîtrisez pas : la bulle de chat, le fil Instagram intégré, la carte Google, les pixels publicitaires, l'outil de prise de rendez-vous. Pris un par un, ils semblent légers. Ensemble, ils dépassent souvent le poids du site lui-même, et ce sont eux qui dégradent l'INP.

La question à se poser pour chacun : a-t-il servi ces six derniers mois ? Une carte peut être remplacée par une image cliquable qui ouvre Google Maps, un fil Instagram par trois photos choisies. On garde les mesures d'audience, on retire ce qui n'est plus regardé.

Les vidéos en fond

Une vidéo qui tourne en boucle derrière le titre de l'accueil est jolie sur un ordinateur de bureau relié à la fibre. Sur un téléphone en 4G dans une rue de Nancy, c'est plusieurs mégaoctets avant de voir le premier mot. Une belle photo fixe fait le même travail.

L'hébergement

C'est la cause qu'on accuse en premier et qui est rarement la principale. Un hébergement mutualisé d'entrée de gamme suffit largement pour un site vitrine bien construit. Il devient un problème quand le temps de réponse du serveur, indiqué dans le diagnostic de PageSpeed Insights, dépasse régulièrement une demi-seconde, ou quand le site n'a aucun système de cache : chaque visite oblige alors le serveur à reconstruire la page entière.

Dans quel ordre corriger

CorrectionGain habituelDifficulté
Optimiser les images existantesfortfaible
Retirer les scripts tiers inutilisésmoyen à fortfaible
Activer un cachemoyenfaible à moyenne
Remplacer la vidéo de fondfort sur mobilefaible
Alléger le thème ou en changerfortélevée
Changer d'hébergementvariablemoyenne

On commence par le haut du tableau, et on mesure après chaque étape. Il est fréquent que les deux premières lignes suffisent à faire passer un site du rouge au vert, en une demi-journée de travail.

Un site lent est aussi souvent un site qui n'est plus entretenu : extensions jamais mises à jour, cache désactivé par une mise à jour ancienne, images ajoutées au fil des ans sans traitement. La vitesse se contrôle dans le cadre d'une maintenance de site, au même titre que les sauvegardes. Et si le site n'apparaît pas du tout sur Google, la lenteur n'est probablement pas le premier problème : voir pourquoi votre site n'apparaît pas sur Google.

Questions fréquentes

Quel score PageSpeed faut-il viser ?

Il vaut mieux viser les trois indicateurs au vert que le score lui-même. Un score entre 80 et 90 en mobile, avec un LCP sous 2,5 secondes, est très bon pour un site vitrine. Courir après les derniers points coûte du temps et n'apporte rien de mesurable sur les demandes de devis.

Mon site est rapide chez moi, pourquoi l'outil dit-il le contraire ?

Parce que vous l'ouvrez depuis un ordinateur récent, sur une connexion rapide, avec le site déjà en mémoire dans votre navigateur. L'outil simule un premier passage sur un téléphone moyen en connexion mobile. C'est ce que vit un client qui vous découvre depuis Google.

Une extension d'optimisation suffit-elle ?

Elle aide, surtout pour le cache et la compression des images. Elle ne compense pas un thème trop lourd ou dix scripts tiers. Et une extension de plus, c'est une mise à jour de plus à surveiller.

La vitesse influence-t-elle vraiment le référencement ?

Oui, mais modestement. Google l'utilise pour départager des pages de pertinence comparable. Son effet le plus important est indirect : un visiteur qui reste et lit envoie de meilleurs signaux qu'un visiteur qui repart avant l'affichage.

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